Odeurs
Dans ces lieux avides de souffrance
Les corps sont animés d'une transe
Qui appelle à la rescousse
Parce que quelquefois ça tousse
Parce que souvent les sphincters
Relâchent leurs étreintes
Et ces envie sils ne peuvent les taire
Alors c'est la honte qui crée l'atteinte
Au moral, à l'Ame
C'est le sentiment d'une déchéance
Qui détruit tout un passé d'homme
Tout le respect d'une existence
Comme un trait que l'on gomme.
Il y a comme une odeur indéfinissable
Qui règne ici parmi celles de l'urine et de la sueur
L'odeur de l'âme qui se frotte à un corps meurtri de peur
Comme si elle désirait le quitter, car détestable...
Ce frottement, cette déchirure cet arrachement progressif
Qui génère un relan de dégoût
Faisant naître des regards tristement expressifs
Conscients d'être arrivés au bout...
Il faut pourtant tenir, lutter, s'arracher
A cette étreinte au baiser puant
Qui désire s'enivrer des derniers instants
D'une vie sournoisement bafouée.
Laissez passer ces volutes pestilentielles
Ne les regardez pas, ne les sentez pas
Ne vous occupez surtout pas d'elles
Et continuez votre combat
Continuez à vivre
A lutter
A aimer
Ivres...
Le bureau
Un ordre c'est un ordre et pas question de s'y soustraire
Il faut accomplir ce qui a été dit, c'est prioritaire !
Ils s'y connaissent tellement mieux que le corps médical
Ces gens qui font fonctionner le bureau, c'est normal
Ils représentent l'essence même de l'administration
Sortent des grandes écoles, et établissent des sanctions
Si jamais le règlement se trouve avoir été détourné!
Ils dirigent nos faits et gestes et mêmes nos pensées !
Du haut de leurs étagères ils établissent des circulaires
Pour bien nous rappeler qu'ils existent, que nous sommes sur leur terre
Ces seigneurs de la fonction publique, plénipotentiaires
De temps en temps viennent visiter leur bestiaire
Et d'une démarche hautaine, s'annoncent
Comme les maîtres des lieux, de façon austère !
Pas question de parler, il faut se taire
Les écouter, ils ont toutes les réponses !
Souvent il y a des erreurs de planification,
C'est étrange d'ailleurs, ça tourne à la dérision
Mais il ne faut pas le dire, c'est risquer d'être rabroué
Puisque l'erreur n'a jamais lieu chez ces surdoués!
Et pourtant, quand il y en a pour un il y en a pour cinq
Pour preuve si établir un planning est assez simple
Tout le monde veut s'essayer à cette tâche aisée
Et le résultat ne tarde pas à être démontré
On retrouve sur les lieux de travail du monde en repos
Et en repos des gens qui devraient travailler !
Manque de coordination dans l'exécution des travaux
Qui se traduit par un état de pis aller...
Le Titanic à côté c'est de la rigolade
Ici l'iceberg n'est pas dans l'eau mais dans le bateau
Et le commandant ne fait qu'envoyer à la noyade
Un personnel qui ne sait pas nager dans les bureaux.
Derrière la porte
Tout le monde
Ou presque
Voudrait savoir ce qui se cache
Derrière la Porte
Cette fameuse Porte continuellement ouverte
Et que nous craignons de franchir.
Tout le monde se la pose
Cette question
Qu'y a t-il après ?
La mort est-elle une fin irrémédiable
N'y aurait-il pas une vie
Encore, après celle-ci?
Tout le monde
Sait qu'il va passer
De vie à trépas
Et que rien
Absolument rien ne pourra l'en empêcher
C'est la vie,
C'est la mort,
C'est la règle!
Derrière cette Porte
Il y a une réponse.
Tout le monde
Voudrait la connaître
Mais seulement pour cela
Il faut franchir le pas...de la Porte.