Partager l'article ! Le château de Manta demeure philosophale: Entre Cuneo et Saluzzo dans le Piémont, le Château de Manta s'élève au sommet d'une colline ve ...
Entre
Cuneo et Saluzzo dans le Piémont, le Château de Manta s'élève au sommet d'une colline verdoyante.
Des sources historiques datant du XIIIe siècle nous apprennent qu'à l'origine c'était un centre fortifié doté d'un donjon. Il est difficile aujourd'hui de retrouver le tracé primitif de cette superbe construction.
Au XV ème siècle, Valerano, fils naturel de Tommaso III de Saluzzo, hérita de ce marquisat et fit édifier trois bâtiments. L'un d'entre eux abrite un salon dans lequel des artistes, que l'on n'a toujours pas identifiés, ont réalisé une superbe fresque qui fait aujourd'hui encore notre admiration.
Valerano a fait représenter des personnages mis en valeur par son père Thomas III dans le grand roman rédigé qu'il rédigea : "Le Chevalier Errant". Le visiteur attentif découvre 9 héros et héroïnes de l'Antiquité. Leur apparence est parfois trompeuse car leurs visages sont ceux des seigneurs de Manta.
Face à ce cortège prestigieux, sur le mur d'en face figure un motif typique de l'art "courtois" : La Fontaine de Jouvence, dont les eaux rendent force et santé à ceux qui s'y baignent. Les personnages qui y figurent ont tous des attitudes qui ne sont pas anodines…Un parfum d'alchimie s'exhale de ce bassin régénérateur.
Hébé, déesse grecque de la jeunesse chantée par Homère y figure en bonne place. La mythologie nous enseigne qu'elle fut métamorphosée par Zeus en en fontaine aux eaux rajeunissantes.
Ovide popularisa cet épisode dans ses Métamorphoses, traduisant Hébé par Juventa qui nous donna le mot le mot Jouvence.
Les décorations florales qui ornent toutes les pièces du Castel de Manta offrent 270 espèces différentes déjà identifiées. Nous pouvons dire que ces représentations constituent un véritable livre de botanique ouvert à tous.
Cependant le grand secret de l'Art d'Hermès se dévoile dans un Manteau de Lumière dans la salle des Grotesques, que nous devrions écrire "grottesques" , car le scénario qui s'offre à nous yeux a été dessiné par Valerio della Manta, frère de Michel Antonio, et la réalisation picturale est due Giovanni Angelo Dolce. Ces décors muraux faits d'architectures de fantaisie et d'arabesques mêlés de petites figures peintes ou stuquées datent de la Renaissance, époque où furent redécouvertes des antiques chambres enfouies sous terre, appelées grottes, d'où le nom de "grottesche".
La voute est ornée en son centre d'une représentation d'Elie enlevé au ciel sur
un char de feu, épisode biblique rapporté dans (Rois, 2 11-14). Un globe terrestre surmonté de la couronne de France--- Michele Antoniod della Manta, fut lieutenant d'Henri III pour le
marquisat de Saluzzo y figure également. Détail particulièrement étrange, cette mappemonde représente le continent antarctique
!
Il est nécessaire de parcourir cette superbe salle dans le sens dextrogyre pour en détailler et en goûter la beauté. Des textes latins avec deux traductions ou interprétations possibles tutoient une cabale phonétique liée à chaque scénette représentée.
Les clichés accompagnant ce petit article parleront à tous ceux qui ont des yeux pour voir…
NOTA:
Le Fondo per l'Ambiente Italiano, a reçu le Château par donation de la Comtesse Elisabetta Provana De Rege en 1984 et en a fait restaurer la formidable fresque du XVème siècle, soutenue par la société Olivetti d'Ivréa. Depuis des années, différentes opérations exceptionnelles de conservation se sont succédées, dans le cadre d'un projet de systématisation générale.
En 1990 a eu lieu une première restauration de l'église du Château, concédée en prêt par la ville de Manta. Ce monument fera l'objet d'un article particulier, lors de notre prochaine publication. En effet, ce lieu saint abrite quelques secrets parfaitement conservés.
Nous devons signaler l'excellent accueil que nous avons reçu des membres du personnel d'accueil du Château de Manta, dont la compétence n'a d'égal que la gentillesse !
de bien vouloir en préciser la provenance ; d’avance merci. »
Guy Tarade et Christophe Villa-Mélé