Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 08:38

vuesurlunivers.jpgDepuis des temps immémoriaux, les hommes se vouent au dieux et les implorent. Ils les nourrissent et les abreuvent de prières. Ces énergies qu’ils émettent constituent la nourriture subtile de ces  divinités souvent capricieuses.
La cause des cultes se découvre dans le besoin inné qu’a chaque individu de projeter hors de lui des états de désirs, des sentiments, des émotions supérieures intimes et sacrées appartenant à son monde intérieur, dans quelque chose qu’il pense, croit ou juge digne de son admiration.

 

Ces états, ces désirs, ces sentiments, ces émotions pourront être d’ordre religieux, mystiques, d’ordres politique, d’ordre sexuel, occulte, etc.
À partir de ces critères, on comprend aisément que les rassemblements de plusieurs individus ayant les mêmes idées, les mêmes affinités, produira la naissance d’un principe supérieur engendrant d’une part une vénération, un respect, un hommage envers lui, d’autre part une concrétisation impliquant de cérémonies envers ce principe supérieur.

 

Ce sera généralement une divinité que les artistes reproduiront en statue, image ou effigie.
Dès l’instant où plusieurs individus se concertent, se réunissent , échangeant leurs idées, leurs possibilités et moyens d’action, ils tombent d’accord pour créer un groupement psychique . Ils engendrent ce que occultistes nomment un “ égrégore “.
 
L’égrégore est une conglomération de forces magnétiques et psychiques accumulées se mélangeant. Cette accumulation de forces ira augmentant avec l’arrivée d’autres sectateurs. Bientôt, sur les plans astraux naîtra l’entité engendrant sur terre des action sur la matière. Tout laisse à penser que cette dernière possède une vie propre dans un monde parallèle et invisible !


Les participants créateurs de l’égrégore deviennent des médiums, des réceptacles, des canalisateurs de forces invisibles.


À leur corps défendant, ces êtres émettront des énergies et les focaliseront. Les images qu’ils créeront par la pensée pourront imprégner la matière. Elles donneront des visages du Christ ou de la Vierge... à moins qu’il s’agisse de figures beaucoup plus fantasmagoriques !
               
Parfois, et nous devons le souligner, les effets de ces charges psychiques  seront à même de se matérialiser comme de véritable clichés, tout comme si des entités d’un monde parallèle pouvaient moduler à leur gré des formes étonnantes.

LORSQUE QUE REVIENNENT LES DIEUX DÉCHUS

Les anciens dieux déchus deviennent rapidement des démons, et des milliers de pierres, de rochers, de fontaines , d’arbres étaient jadis l’objet du culte de nos lointains ancêtres qui ainsi, authentiquement honoraient leurs protecteurs et protectrices. Avec l’avénement du christianisme, la religion de la terre fut bannie, pourchassée. La plupart des monuments furent détruits, chaque mémorial fut saccagé. En l’an 800, Charlemagne dans “ Le Capitulaire du Frankfort “  ordonna la destruction des pierres, des arbres et des bois sacrés.
De façon impitoyable, saint Martin chassera de nos fontaines et de nos forêts les fées, les nymphes, les dames blanches et de nos menhirs les génies qui les habitaient.

UNE GRANDE DAME NOMMÉE ARDUINA

Au coeur de nos belles Ardennes, dans la côte abrupte de la colline de Saint Walfroy, on découvre un Chemin de Croix construit avec des sarcophages mérovingiens. C’est ici un des hauts lieux du paganisme et du christianisme ardennais . En ces lieux se dressait autrefois la très grande statue de la déesse Arduina  et le mont Walfroy se nommait alors  mont d’Arduina.


En l’an 565, c’est sur cette élévation naturelle que vint habiter un diacre nommé Walfroy originaire de Lombardie. Cette colline qu’il avait élue était située sur la grande voie de Reims à Trévesau centre de l’Ardenne et du paganisme.
Depuis le sommet de ce site jusqu’en bas, ce n’étaient que masses de pierres écroulées, débris aux formes bizarres de temples païens sous lesquels on voyait de vieilles sépultures romaines. Des pierres noircies marquaient l’emplacement d’une petite église  du Christ, construite par saint Montan et que les païens, sitôt la mort du saint s’étaient empressés d’incendier...


Walfroy édifia une église sur les ruines de ce monument saccagé et y construisit quelques maisons à l’intérieur d’une enceinte pour les futurs cénobites.


Ce fut le monastère de Walfroy, dédié à saint Martin. Walfroy entreprit alors l’évangélisation de l’Ardenne au milieu d’un peuple touché par ses exhortations ! Très vite, il fut las d’exorciser en vain les idoles, les arbres et les sources sur qui l’eau bénite coulait sans action.


Le brave homme comprenait mal pourquoi les païens voyaient partout des dieux. De temps en temps Walfroy et ses disciples massacraient des statues d’argile, des idoles qui s’abritaient  dans l’ombre des chênes. De sorte que le peuple finit par s’indigner. L’irritation fut telle que Walfroy dut se réfugier dans son monastère !
Au bas de la colline en face d’Yvois se trouvait une idole magnifique, adorée avec ferveur par les habitants du pays, statue dont les dimensions étaient prodigieuses, puisque son front atteignait la cime des arbres. C’est un artiste païen  qui l’avait sculptée dans la pierre blanche de Bieuvre, à la ressemblance de la Diane olympique. Elle était de la plus grande beauté et avait la robe relevée sur un côté. Derrière son épaule gauche, elle portait un carquois, à la mode gauloise cependant, son épaule , son bras et son sein droit étaient nus. On l’eut crue vivante, c’était la statue de la Diane ardennaise.

Walfroy résolut de la détruire. Il envisagea de construire une colonne à côté de l’idole et de méditer à jeun en attendant la conversion des païens, le tout en humant les mets délicats de miel de lait et de gâteaux que ces incroyants venaient apporter en offrande à la statue.

Lassé, Walfroy utilisa les grands moyens et aidé des siens fit s’écrouler l’idole dans un bruit de tonnerre, fracassée et rompue en mille blocs lesquels furent ensuite réduits à coup de massue. Walfroi d’un seul coup eut alors le corps couvert de plaies rouges et ulcérées comme si la déesse voulait se venger.
 On assure que Grégoire de Tours lui-même se rendit en ces les lieux  afin sans doute d’atténuer les colères et faciliter les conversions.

Là se passe un épisode fort curieux que rapporte Grégoire de Tours. Pendant trois jours et trois nuits, des manifestations céleste eurent lieu.
Laissons le saint homme nous conter les faits: 

 “ Nous trouvant dans la forêt d’Ardenne nous aperçûmes pendant deux nuits consécutives des signes dans le ciel. C’étaient des rayons qui s’étendaient du côté de l’Aquilon avec une lumière si brillante que l’on en avait jamais vu de semblables. Des deux côtés, à l’est et au sud-est roulaient des nuages couleur de sang. La troisième nuit, sur les deux heures, ces rayons lumineux réapparurent encore . Et comme fort étonnés nous les admirions, nous avons remarqué aux quatre parties du monde des rayons semblables qui s’étant agrandis couvrirent le ciel entier. Il y avait une nuée très éclatante où tous les rayons aboutissaient comme à leur centre. On eut dit une tente avec des rideaux fort élargis par le bas et montant
           

toujours en se rétrécissant. Dans le milieu étaient plusieurs nuages gardant une lumière si vive qu’elle éblouissait “.

Grégoire de Tours appréhende alors que cet augure ne fut le pronostic de quelques événements fâcheux. Des troubles survenus peu après dans le royaume d’Austrasie semblent confirmer cette appréhension ( révolte d’Ursion contre Childebert : le dénouement eut lieu en effet sur le mont Walfroy dans l’ancien duché de Woewres, c’est à dire de la Wouivre.)
Les ufologues modernes n’hésiteraient pas à voir dans les phénomènes lumineux qui se déroulèrent à cette lointaine époque, la présence dans le ciel ardennais de Mystérieux Objets Célestes. Ils n’auraient sans doute pas totalement tort, car comme le prouvent d’anciennes archives locales, des O.V.N.I. sont venus troubler la tranquillité de Sedan dès le XVIIIe siècle.
RÉFÉRENCE: 

“LES SIGNES MERVEILLEUX ET ESPOUVENTABLES APPARUS AU CIEL, SUR LA VILLE DE SEDAN , LE MOIS DE NOVEMBRE DERNIER , 1615.

A PARIS, DE L’IMPRIMERIE D’ANTHOINE DU BREUIL, JOUTTE LA COPIE IMPRIMÉE À SEDAN PAR LES HÉRITIERS DE JOCOB SALESSE,  M DC XV, AVEC PERMISSION..

Le même Grégoire de Tours nous rapporte que lorsque Clovis se battit dans la ville de Soisson,  un signe  apparut dans le ciel de la cité. Si bien nous dit le prélat, que l’espace parut s’embraser et qu’on vit apparaître  deux incendies  : l’un était plus vaste, mais l’autre plus petit. Au bout de deux heures, ils se confondirent ensemble et après avoir formé un grand phare, il s’évanouirent dans les nuées.

                                
 

 

Guy Tarade et Christophe Villa-Mélé©
Illustrations graphique par Christophe Villa-Mélé

Par Guy Tarade et Christophe Villa-Mélé - Publié dans : Mysterieux inconnu
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  • : 19/03/2008
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