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Dans son superbe livre L’Histoire générale de la Franc-Maçonnerie (Office du Livre) Paul Naudon,
évoquant la naissance du Rite Écossais Ancien Accepté, écrit:
« Des auteurs français appuyés sur la tradition et des indices sérieux, pensent que la première
Franc-Maçonnerie moderne implantée en France a été la Maçonnerie écossaise stuartiste et que cette introduction serait bien antérieure à la création en 1717, de la Grande Loge de Londres…
Elle serait concomitante à l’arrivée des Stuarts, réfugiés à Saint-Germain-en-Laye, et des
régiments formés par des émigrés écossais, qui suivirent leur fortune et tentèrent de leur rendre le trône de Grande-Bretagne contre les Orange et les Hanovre, jusqu’au désastre de
Culloden en 1746, en passant par la capitulation de Limerick en 1689. »
NOTA : Naissance en France du Rite Ecossais Primitif.
Le Rite Écossais Primitif ou «Early Grand Scottish Rite» tient une place particulière au sein de la
Franc-Maçonnerie. Il fut introduit en France comme nous l'avons dit, à Saint-Germain-en-Laye dès 1688 par les Loges militaires des régiments écossais et irlandais ayant suivi le Roi Jacques II
Stuart en exil.
Ces Loges essaimèrent suffisamment pour constituer en 1725 l' «Ancienne et Très Honorable Société des Francs-Maçons dans le Royaume de France.
Les Rituels des anciennes Loges militaires furent apportés à Marseille en 1751 par Georges de Wallnon (ou
de Waldon) qui constituera la Loge Saint-Jean d'Écosse devenue ultérieurement la Mère-Loge de Marseille.
LE MYSTÉRIEUX MAGOT DE JACQUES II STUART
Pour créer une structure maçonnique et faire éclore des Loges travaillant au Rite Écossais Primitif, il fallait de l’argent, beaucoup d’argent ! Certains croient savoir où les Stuart puisèrent leur pactole: dans le trésor de Jacques II !

Le 5 septembre 1701, Jacques II, le roi d’Angleterre détrôné par son gendre Guillaume
d’Orange s’éteignait à Saint-Germain-en-Laye. Il avait vécu en exil dans le vaste château où Louis XIV l’avait généreusement accueilli.
1. Peu de gens s’intéressent aujourd’hui à ce grand amiral converti au catholicisme, qui, certains l’assurent, fut un
des précurseurs dans la Franc-Maçonnerie française, du Rite Écossais Ancien Accepté.
Ce qui n’empêche par d’autres de venir interroger dans l’église Saint-Germain le mausolée de marbre blanc
abritant sa dépouille. I
ls espèrent décrypter, dans le texte qui recouvre la pierre froide, des clefs cachées, aptes à les guider sur les traces d’un trésor perdu.
TRIEL-SUR-SEINE
C’est à quelques kilomètres de Saint-Germain-en-Laye, à Triel-sur-Seine, que le roi au malheureux destin aurait dissimulé
d’immenses valeurs.
Depuis bientôt trois siècles beaucoup espèrent retrouver le fabuleux magot caché par Jacques II. On comprend l’impatience de ces derniers, lorsque l’on sait qu’il comporte entre autres, une couronne royale avec ses diamants, ses bijoux et ses lingots d’or.
Jacques II a résidé quelque temps à Triel dans un couvent aujourd’hui disparu, et c’est lors de son séjour
qu’il aurait dissimulé personnellement la couronne. Des chercheurs avertis avancent que le dépôt constituerait en trois coffres contenant respectivement des lingots, la couronne et les bijoux, et
de nombreuses monnaies d’or.
Le trésor de Triel se rattache à de curieux récits dont les pistes aboutissent à l’église Saint
Martin.
Les Triellois racontent volontiers qu’un souterrain part sous l’église qui la reliait jadis à l’ancien
château aujourd’hui rasé.
Les mieux informés assurent qu’il existe une crypte secrète, sous le chœur de l’église actuelle. C’est dans
cette crypte que dormiraient les valeurs cachées au XVIIe siècle, ce qui nous semble un conte plus qu'une réalité.
En effet, lors de notre enquête sur les lieux, un habitant de Vernouillet, féru d'histoire, nous
appris, qu'en 1852, une certaine Madame Mathieu-Deville s'installa à Triel et acquit cinq propriétés en deux ans. Cette dernière semblait posséder une immense fortune car elle paya ces derniers
rubis sur l'ongle. Elle logea dans l'une d'elles, un grand nombre d'ouvriers dont aucun ne parlait notre langue. Ces derniers, pendant des mois fouillèrent le terrain sur un vaste périmètre
(certainement sur l'emplacement du château détruit à la révolution, lieu supposé avoir recueilli le trésor de Jacques II d’Angleterre).
Après sa disparition, les héritiers de Mme Mathieu Deville poursuivirent la recherche du supposé pactole
pendant de longues années, ceci malgré des dizaines de plaintes déposées par de proches voisins importunés en permanence par les travaux de sape.
Mme Deville aurait été la fille de la reine Caroline Amélie et du roi Georges IV
d'Angleterre....
Pour le visiteur, l’église Saint Martin
apparaît à la fois comme très belle et très surprenante. Elle enjambe une route, et semble faite de
plusieurs éléments qui ne sont pas dans le même axe.
Si Saint Martin mérite d’attirer l’attention par son architecture, la belle série de vitraux qu’elle
renferme n'est pas moins intéressante à examiner. Ces derniers sont l'œuvre de deux maîtres verriers : Enguerrand Leprince de Beauvais et Pinaigrier, en admirant leurs remarquables créations,
nous retrouvons dans leurs compositions des détails qui ne peuvent pas échapper à l'œil attentif des passionnés de symbolisme. Nous pensons ici au Martyre de Saint-Sébastien et la
Résurrection de Lazare…
Toutefois, il ne faut pas quitter l’église de Triel sans avoir salué la statue d’un lévite juif, qui semble un peu perdue dans la vaste nef. Coiffé d’une couronne, ceint de l’éphod, et portant le pectoral sacré, ce gardien du Temple joue en ces lieux le rôle de Veilleur, de celui qui garde et met sur la voie...
Par Guy Tarade et Christophe Villa-Mélé©
Toutes photos© par Guy Tarade©