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Les Archives du Savoir Perdu.

L’HOMME ROUGE DES TUILERIES

30 Janvier 2015 , Rédigé par Guy Tarade

Du 18 mars au 27 mai 1871, le gouvernement insurrectionnel français, appuyé par les milieux ouvriers s’empara de la capitale, après le levé du siège de la ville par les Prussiens. Cette période trouble et terrible vit l’incendie de nombreux bâtiments publics, l’Hôtel de Ville, la Cour des comptes et les Tuileries. De nombreux otages furent massacrés par les communards, dont Mgr d’Arboy archevêque de Paris. La répression fut brutale et terrible ! Le Mur des Fédérés en évoque encore le souvenir. Des milliers de personnes furent déportées.

Le sort des Tuileries se joua en quelques jours. Devenue la maîtresse des lieux la Commune en fit le théâtre de fêtes populaires et de « concerts communards ». Dans la pensée des organisateurs, le prélude à l’incendie du palais était programmé. Ces derniers désiraient seulement que la population accepte l’idée de la destruction du palais. Bergeret, chef des fédérés déclara : « Quand je quitterai les Tuileries, les Tuileries seront en cendres »

Le 22 et 23 mai, les communards firent provision de barils de poudre et de pétrole. Le mardi 23, le fédéré Bénot conduits une bande d’excités dans tous les appartements du château et fit asperger les murs de pétrole. Un baril de poudre fut placé dans le vestibule et un amas de matière inflammables stocké dans le Salon des Maréchaux.

Le 23, vers 20h45, l’horloge des Tuileries s’arrêta sous l’action du feu ;vers 11heures du soir, une explosion secoua le Pavillon de l’Horloge, laissant la coupole centrale s’abîmer dans un déluge de flammes. Toute la nuit, les Tuileries brûlèrent.
Bergeret et ses hommes, installés sur la terrasse du Louvre contemplait le sinistre en dégustant un repas froid.
En 1872, des pétitions et revendications furent déposées pour la reconstruction du monument, intégralement ou dans sa majeure partie.
Des commissions parlementaires furent constituées…en 1876 une délégation sénatoriale écarta, toute idée de voir disparaître les ruines.
Haussmann, Viollet-le-Duc proposèrent des projets de sauvegarde des ruines ou de reconstruction d’un nouveau palais. Après bien des palabres et des tergiversations, le Parlement décida en 1879 de démolirent les ruines. Elle furent rasées en 1880.
Peu nombreux sont les Français qui connaissent l’histoire des Tuileries, mais beaucoup ont entendu la légende du « Petit homme rouge » qui hantait ces lieux.

Outre ses nobles locataires, le Palais des Tuileries abrita un fantôme, Le Petit Homme Rouge », qui hanta régulièrement pendant des siècles ce grand palais. Son apparition annonçait toujours un drame ou un malheur. Il avait annoncé lui-même qu’il disparaîtrait qu’avec la disparition des Tuileries.

Le 23 mai 1871, pendant que l’incendie embrasait la vaste demeure, des témoins affirmèrent que, pendant que le dôme de la Salle des Maréchaux s’effondrait, la silhouette du petit gnome apparut une dernière fois à une fenêtre déjà dévorée par les flammes. Curieuse et passionnante légende que celle de ce messager du malheur, mais à étudier avec circonspection…

Ce petit homme rouge que certains identifièrent comme le fantôme de Jean l’égorgeur, un boucher ayant son étal non loin du palais, aurait eu la gorge tranchée sur ordre de Catherine de Médicis au motif qu’il connaissait certains secrets de la couronne. On se demande bien comment ? Au moment de mourir, il aurait juré : « Je reviendrai ».
Un fait semble cependant certain, de nombreux témoins, et non des moindres ont rapporté avoir vu et entendu ce spectre, qui se manifestait aux plus importants personnages qui résidèrent aux Tuileries !

L’histoire débute ainsi : son meurtrier, de Neuville, dut s’y reprendre à trois fois pour faire passer sa victime de vie à trépas. Comme l’assassin s’en retournait près de la reine pour lui rendre compte de sa mission, il eut la sensation que quelqu’un le suivait. Il se retourna et aperçût sa victime ensanglantée, à trois pas de lui, debout et ruisselant de sang. Son regard le glaça d’effroi. Il brandit son épée et la plongea trois fois dans le corps de Jean l’égorgeur. Celle-ci ne rencontra que le vide. Terrorisé, il courut chez la reine , à qui il raconta son aventure. Cette dernière se moqua de lui et invita de Neuville à prendre un peu de repos.

Quelques jours plus tard, l’homme rouge se manifestait à son propre astrologue Cosme Ruggieri. Ce dernier, un soir où qu’il s’entretenait avec la reine, sur l’avenir du roi, de sa mère et du duc d’Anjou, lui avoua qu’il avait eu peur, lorsque autour de lui s’était matérialisé une sorte de brouillard duquel émergea le sanglant fantôme. Ce dernier lui aurait alors assuré qu’il connaissait l’avenir des Tuileries et qu’il en chasserait Catherine et qu’elle mourrait près de Saint-Germain. Comme dans une sorte de kaléidoscope du temps Ruggieri dans d’étranges visions avait vu la chute successive et la déchéance des maîtres du château. L’entretien terminé, Catherine de Médicis se retira seule dans sa chambre et, comme elle traversait une petite pièce restée dans la pénombre, elle s’arrêta terrifiée car tapi dans l’ombre elle venait de voir le spectre grimaçant : son cri attira ses femmes qui l’entendirent murmurer tout bas : « L’homme rouge !

Immédiatement, la reine décida de quitter les Tuileries.
Les années passèrent. Peu de temps après la chute de Louis XVI, alors que la famille royale était prisonnière aux Tuileries, un soir, Marie-Antoinette qui était restée seule dans sa pièce, vit cette dernière s’emplir d’une vapeur rouge et au milieu de cette brime se matérialiser le fantôme d’un homme rouge de sang. Lentement la vision se dissipa. Lorsque Madame de Campan, sa compagne, revint, elle trouva la reine chancelante, qui lui raconta l’hallucination dont elle avait été victime.

A la veille de Waterloo, l’homme rouge se manifesta une nouvelle fois à Napoléon ; alors que ce dernier prenait un repas ; il sentit une sorte de torpeur envahir ses membres et le clouer sur place. Une fois encore une forme de brume rouge emplit la pièce et, à travers ce voile, il vit un homme qui portait une sorte de bonnet le fixer intensément. Avant d’avoir pu émette le moindre son l’apparition s’évanouit brusquement.

Louis XVIII et le comte d’Artois, dans les mêmes lieux, virent également, à deux époques différentes, cette funeste apparition. L’incendie des Tuileries fit disparaître à jamais ce vindicatif revenant.


Guy Tarade et Christophe Villa-Mélé©

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