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Les Archives du Savoir Perdu.

LE TEMPLE DE JUPITER SERAPIS

7 Avril 2011 , Rédigé par Guy Tarade

La longue histoire du temple de Jupiter Sérapis situé sur la côte de la baie de Naples passionne les plongeurs sous-marins tout autant que les archéologues et les géologues. Elle démontre de manière certaine, les modifications de l’écorce terrestre perceptibles aux chercheurs. Le temps a inscrit sa troublante chronique sur les principaux vestiges du temple, notamment sur des colonnes de marbre hautes de douze mètres. Ces piliers furent découverts à demi enterrés dans le sable et les cendres et enfouis sous une montagne de ronces agressives, vers le milieu du XVIIIe siècle.

La jeune archéologie alla de surprise en surprise, en détaillant ces précieuses trouvailles.

On nettoya le socle de marbre sur lequel elles se dressaient. Une constatation surprenante intrigua les spécialistes. Le sol et les colonnes elles-mêmes jusqu’à une hauteur de trois mètres cinquante avaient été rongés par des mollusques marins.

Des investigations approfondies démontrèrent que ce temple édifié au début de notre ère s’était progressivement enfoncé dans la mer si bien qu’au XIII e siècle seule la partie supérieure des colonnes émergeait encore dominant la mer de plus de six mètres. La nature qui a le don de la mise en scène et du suspense attendit trois cents ans pour élever petit à petit les parties rongées par les mollusques lithophages et livrer aux hommes l’énorme socle de l’ensemble.

Cet exhaussement ne fut pas spectaculaire cependant, car une voie romaine qui longeait le littoral près de l’ancien temple resta sous les eaux, ainsi que les lourds monolithes munis d’anneaux d’amarrage. Capricieux, quelques années après la fin de son ascension spectaculaire, le temple se mit à s’enfoncer lentement.

Les travaux de l’érudit anglais Charles Lyell, qui visita les ruines du temple de Jupiter Sérapis en 1828, nous prouvent que la base des colonnes se trouvait à environ 30 centimètres au-dessous du niveau de la mer. Cinquante ans plus tard, elle s’était enfoncée de 65 centimètres. En 1912 le site sacré gisait par deux mètres de fond. Actuellement la profondeur atteinte est de 3 mètres 05.

A la lueur de cette curieuse découverte archéologique, nous pouvons nous demander si d’autres portions de terre ferme ne se sont pas lentement enfoncées sous les eaux de la baie de Naples, entraînant avec elles des vestiges inestimables de la grande civilisation romaine.

Déjà, les parties englouties de la célèbre station balnéaire de Baïes, que fréquentèrent les riches romains, ont été explorées avec profit par les plongeurs sous-marins et photographiées de façon précise. Par dix mètres de fond, des ruines monumentales sont apparues. Un vaste champ de fouilles attend les futurs archéologues des profondeurs, sous les eaux de la mer Tyrrhénienne. Tout laisse supposer en effet, qu’il y a un peu plus de vingt siècles, toute cette zone a été le théâtre d’un formidable affaissement de terrain. Des provinces, des villes et des villages ont été engloutis.

Nous savons aujourd’hui, qu’il existe une identité archéologique qui unit la Corse, la Sardaigne et la Sicile. Le temps a effacé les traces des hommes qui jadis peuplèrent ces superbes régions. Des relevés d’une extrême précision et des recherches au sonar ont prouvé que sur le même parallèle que Rome, une ville submergée d’une vaste étendue attend d’être ressuscitée.

A 60 kilomètres au nord de l’embouchure du Tibre, l’archéologie sous-marine a retrouvé les ruines de deux ports étrusques. Les mystérieux et irritants Etrusques furent sans doute les initiateurs et les éducateurs des Romains. Mieux connaître leur origine et leur histoire dépend aussi de l’étude des civilisations naufragées !

Il y a quelques années, les techniques modernes facilitant l’étude des fonds marins ont permis de retrouver le port de Spina, que les poètes ont nommé la Venise étrusque. Des équipes spécialisées découvrirent sous les eaux, dans la vase, des centaines et des centaines de tombes étrusques, puis la ville elle-même. Le delta du Pô venait de livrer un de ses plus importants secrets.

Dans l’antiquité, la Spina porta le nom de Reine de l’Adriatique. Des villes entières subsistent encore sous les flots. Notre intérêt pour l’archéologie subaquatique (le mot reste encore à inventer) ne fait que croître, cette discipline récente risque de mettre à mal bien des idées ancrées depuis des lustres et de reposer la grande question de l’histoire de l’humanité, ce qui ne manquera pas de déranger le conformisme intellectuel de l’insidieuse dictature qui interdit à de nombreux scientifiques de s’intéresser à des sujets considérés comme tabous. Des découvertes riches et surprenantes seraient à même d’ébranler l’attitude inquisitoriale qui muselle les esprits et empêche tout progrès dans les sciences d’avant-garde.

Guy Tarade et Christophe Villa-Mélé©

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